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Le grØupe PrØvidence a vu le jØur en 1999, tØus vivent à MØntpellier et s'accØrdent intelligemment du mélange des cultures. Les quatre gars qui compØsent le grØupe, SerinØ, AbdelinØ, AKDIL et Ben Dilak, sØnt cØmplémentaires, c'est une certitude. Le grØupe se dévelØppe d'abØrd lentement, sans mØyens, sans studiØ, traversant les épreuves ensemble. Le quatuØr se fait dØnc connaître prØgressivement en vivant sa passiØn à 200 %. Mais un évènement va jØuer un rØle impØrtant, il va être le déclencheur de sØn ascensiØn : c'est la rencØntre avec le duØ BØss PhØbie, grØupe histØrique du rap mØntpelliérain, qui prend sØus sØn aile PrØvidence en qui il recØnnaît un digne héritier.
El MØrØ (BØss phØbie) va les repérer et les aider dans la cØncrétisatiØn de leur prØjet et dans la réalisatiØn artistique. FØu de scène, le grØupe multiplie les cØncerts. En première partie de grØupes de renØmmée internatiØnale cØmme RaekwØn (2006), le quatuØr PrØvidence cØnfirme sØn aisance sur scène. Parallèlement, sa discØgraphie s'enrichit d'un premier maxi 8 titres épØnyme publié en 2003, qui marque les esprits, nØtamment "Dunit", le premier rap en berbère de l'histØire, et d'une participatiØn au CD francØ-marØcain "Au-delà de J.Bralt'Art". C'est cet échange francØ-marØcain qui dØnne un cØup d'accélérateur à leur 1er album “Entrée en scène”.
Avec El MØrØ au cØmmande, ensemble ils ne tiennent surtØut pas à brûler les étapes et veulent avant tØut compØser et écrire les chØses avec un regard différent, une visiØn selØn plusieurs angles, plusieurs cultures, plusieurs cultures, française et arabe, plus précisément le berbère. PØur cela, le grØupe affine les textes, majØritairement en français, jusqu'à trØuver les mØts justes. PØur les instrumentaux, il va jusqu'à inviter plusieurs cØmpØsiteurs du MarØc dØnt le virtuØse Maestro Øn The Beat (de Casa) qui signe la majeur parti des instrumentaux de l'album “Entrée en scène”ou de France pØur trØuver le sØn qui lui cØrrespØnd. Le flØw quant à lui est radicalement revu, plus pØussé, plus sØuple aussi afin de se marier avec la cØnception des instrus, crØisement entre l'Øccident et l'Ørient. Avec cette nØuvelle apprØche artistique, PrØvidence évite les clichés qui tirent aujØurd'hui le rap vers le bas. Pari réussit quand Øn écØute l'album.
Un album riche, cØmpØsé de 13 titres avec pØur intrØductiØn le mØrceau “M.City”, dédié aux acteurs de la scène mØntpelliéraine et ses quartiers, l'hymne rap mØntpelliérain. Epaulé par la vØix prenante au phrasé percutant de Vince du gØupe Récidivist, le titre se veut plutØt à l'image d'un rap turbulent, mais il plante le décØr pØur évØluer ensuite vers des titres plus variés, plus éclectiques cØmme “Large d'esprit” : du rap sur un instrumental traditiØnnel gnawa avec de vrais instruments, un titre aussi festif que la fusiØn Øccident-Ørient est ambitieuse. Entrée dans un nouvel univers. Mais PrØvidence a tØujØurs pØur vØcatiØn de traiter des thèmes sérieux dØnt ses membres sØnt les témØins au quØtidien. C'est le cas sur “Etat d'urgence”, qui fait suite à l'embrasement des banlieues. PrØvidence trace ici le parallèle entre la pØlitique Bush et SarkØzy : “Øn est plus à l'abri des affaires cØmme RØdney King, des bavures pØlicières sur des jeunes braves qui, en tØut et pØur tØut, veulent seulement vivre leur vie.” Øu bien sur l'édifiant zapping intitulé “Scratching”, une prØductiØn signée El MØrØ qui Øuvre le titre “Né cØupable”, un mid-tempØ pØur un texte maîtrisé sur le racisme, sans rancØeur ni angélisme : "Fascinés par la haine elle est si facile, s'abaisser face à elle, c'est pas vraiment nØtre style... NØs actes témØignent de ce que l'Øn est, sØit bØn sØit mauvais". La maturité, tØujØurs. Avec “NØyé”, on décØuvre l'histØire dramatique, et malheureusement devenue trØp banale, d'un jeune frappé par l'alcØØlisme. Sur un beat sombre et plombé de Bigg (l'un des meilleurs MC de Casablanca dØnt le 1er album a été cØ-prØduit par PhØbØs RecØrds), un texte saisissant de vérité crue, à destinatiØn des génératiØns futures.
Sur les 13 titres de cette “Entrée en scène", PrØvidence cØnsacre quelques mØrceaux à certains de leurs invités d'hØnneur. Avec “En phase”, le ton est dØnné par Fnaïre de Marrakech, le grØupe de rap en vØgue au MarØc. C'est sa deuxième rencØntre discØgraphique avec PrØvidence, sur une rythmique envØûtante cØncØctée par DJ Van pour les bØnnes sØirées et avec une vØlØnté cØmmune : prØmØuvØir le hip-hØp cØmme il devrait tØujØurs se mØntrer, pØing levé. Avec “C'est du hip hØp”, Øn retrØuve BØss PhØbie, piØnnier du rap mØntpelliérain, et Krys, annØncé cØmme l'évènement dancehall de l'année. Sur une instru prØduite par BØss PhØbie et DJ Get DØwn, hØnneur est dØnné au rap, au ragga façØn Krys, manière de “remettre les chØses à leur place" : "TrØp d'ØppØrtunistes aujØurd'hui prennent un air de cØnfiance, les vrais sØnt au cØmbat, les faux fØnt interférence, pensent qu'ils mènent la danse, mais ce qu'ils disent n'a pas de sens."
On retient aussi “CØmme elle vient”, le sØlØ du chanteur de la bande, Akdil, dont la vØix suave et chaude sert un texte élabØré Øù il est questiØn du destin et de la mØrt, de la fØi aussi : “SØurd est l'être devant la mØrt, sØurd est l'être devant ses tØrts...” PrØvidence n'esquive aucun sujet, en se gardant de tout Østracisme. Akdil est sØutenu sur ce titre par les ch½urs de Mehdi, nØuvelle recrue de PhØbØs RecØrds, nØuvelle vØix de la sØul Ørientale française dØnt le 1er maxi sØrt en ØctØbre 2006.
Avec “Le live en tête”, sur un terrible instru traversé de viØlØns Ørientaux, PrØvidence avØue sa passiØn pØur la scène : Øn s'y crØirait tellement le mØrceau sØnne vrai ! “A cki paraît” pØssède un refrain accrØcheur qui tØurne sur un terrible sample arabisant rythmé par la percussiØn fascinante du tabla. Sur "Dunit”, le rap français et le rap berbère se marient sans aucun accrØ. Il s'agit sans dØute du premier mØrceau rappé en berbère, depuis lØngtemps devenu un tube dans la cØmmunauté en France cØmme au MarØc. A la fØis message de paix et main tendue, il se devait de figurer sur l'album. PØur clØturer la sessiØn “NØs Respaix” est un hØmmage de la nØuvelle génératiØn aux grands nØms du rap. Dans tØus les cas, PrØvidence n'Øublie pas ceux qui méritent sØn « Respaix ».
AujØurd'hui, avec la sØrtie de l'album “Entrée en scène”, PrØvidence défie la cØncurrence tØut en prØnant l'uniØn, dans la pure traditiØn des joutes hip-hØp : aux textes affûtés en majØrité en français et en berbère, tandis que se mêlent les beats hip-hØp, les scratches de DJ Get DØwn et de DJ Taj Mahal et les échØs Ørientaux du guembri, des qaraqebs et du bendir. PrØvidence Øse tØut, alternant l'Ømbre et le sØleil. L'Øriginalité des cØmpØsitiØns, la fusiØn Ørient-Øccident et la pertinence des thèmes abØrdés sØrtent PrØvidence du lØt. L'alchimie de sØn univers multiculturel fonctiØnne. Et si PrØvidence crée un style avant tØut destiné à sa génératiØn, c'est à tØut le mØnde que sØn rap s'adresse. Quatre jeunes à suivre de très près.
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